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L'action internationale
03.02.2015 | International

Bruno, coordinateur de la sensibilisation Ebola en Guinée

Bruno, coordinateur de la sensibilisation Ebola en Guinée

Bruno, coordinateur de la sensibilisation Ebola en Guinée

Bruno Bernier est employé de la Croix-Rouge de Belgique. Il y dirige le SISU, le service d’intervention psycho-sociale urgente. Bruno est également volontaire pour des missions d’urgence internationales. Ce mercredi, il s’envole pour la Guinée dans le cadre de la lutte contre Ebola. Pour rappel, c’est dans ce pays que l’épidémie a pris sa source, en mars 2014, faisant près de 9.000 morts à ce stade.

​Bruno a 35 ans. Il vit en couple à Natoye, au Sud de la province de Namur, avec ses deux enfants. Il part ce mercredi en mission avec la Croix-Rouge française pour une durée de 3 mois, durant lesquels il sera en charge de la coordination des actions communautaires de sensibilisation des populations à l’épidémie. Depuis mars 2014, 370 délégués internationaux de la Croix-Rouge ont été détachés sur le terrain, dans les différents pays touchés par l’épidémie, tandis que près de 6200 volontaires ont été formés et sont actifs.

Une formation intensive pour une vigilance de tous les instants

Avant son départ, Bruno a suivi une formation intensive à Paris, où un centre de traitement de la maladie avait été reconstitué. « La formation nous a été donnée par du personnel qui revenait de Guinée. Pendant les 3 premiers jours, nous avons passé en revue toutes les règles de sécurité. La vigilance doit être de tous les instants! Nous devons garder en tête toute une série de choses: se mettre dos au vent quand on parle avec quelqu’un, garder 1,5 mètre de distance… Au moindre contact physique, se chlorer les mains… Au fil de la formation, j’ai réalisé le degré de risque. Il faudra une vigilance à 100% sur place. Même si on veut se gratter le coin de l’œil ou le bout du nez il faudra penser à se chlorer les mains au préalable: c’est la no-touch policy. »

Quant à la partie moins « pratique » de la formation, elle passa notamment par un entretien avec un psychologue. « Le tout est de ne pas partir avec le stress. Le psychologue a pu me rassurer sur toutes les questions que je me posais. Et moi-même j’ai ensuite pu rassurer mes proches. Mais je sais que le stress de base permet aussi d’élever son niveau de concentration sur le terrain. »

Ouverture d’un nouveau centre de traitement Ebola

En Guinée, il s’agira d’ouvrir un nouveau centre de traitement Ebola (CTE) à Kerouané, en Haute Guinée, dans une zone forestière. La mission de Bruno sera de coordonner toutes les actions de sensibilisation des populations, dans les villages: informer les communautés et les chefs de village, mais aussi gérer le transport des malades et des défunts, ainsi que la désinfection des lieux contaminés et le suivi des « cas-contacts » ou toutes les personnes qui ont eu contact avec le défunt. « A mon arrivée en Guinée, il est prévu que je me déplace sur le terrain pour explorer les différentes phases et actions en place. »

Le plus dur: l’absence de contact

Début 2014, Bruno avait déjà participé à une mission de l’ERU (équipe de première urgence) aux Philippines à la suite du typhon Hayan.  Il s’agissait de distribuer des kits de première nécessité aux sinistrés sur l’île de Panay. Cette seconde mission en Guinée s’annonce totalement différente! « Je ne pourrai pas aller sur les places publiques, les marchés, prendre un taxi est également interdit… Je devrai, comme mes collègues, garder mes distances et saluer de loin les enfants dans les villages, ne pas serrer de mains…  Il faudra faire passer le lien autrement: par le regard, par les gestes. Le plus dur sera certainement cette absence de contacts pendant ces trois mois sur place: entre collègues on ne pourra même pas s’échanger un stylo! Tous les jours, matin et soir, il y aura la prise de température pour tout le monde. Des pédiluves seront présents partout et nous finirons par avoir le réflexe de nous chlorer les mains au moindre contact. »

Bruno  devra aussi enfiler la fameuse combinaison qui le recouvrira complètement. « Je l’ai revêtue au moins à 5 reprises en trois jours, je peux vous assurer que c’est déconseillé aux claustrophobes! Quand on a passé la combi, tous les gestes sont ralentis et encore: je l’ai essayée par temps froid, en extérieur, à Paris. Imaginez en Guinée, où il fera 45°! Je sais que les phases d’habillage et de déshabillage sont des moments de grande vigilance, où nous serons assistés par un hygiéniste. En revanche, quand nous irons dans les villages pour la prévention, nous aurons une simple tenue médicale et pas de masque. C’est pour cela que nous devrons être extrêmement vigilants et éviter tout contact physique. »

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