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L'action internationale
15.06.2021 | International

Journée mondiale contre la faim: une lutte qui requiert notre attention en continu

Au cours de l’année 2020, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë, nécessitant une aide humanitaire, a augmenté de 20 millions par rapport à l’année dernière. Face à cette augmentation, la réalisation de l’objectif de développement durable « faim zéro », d’ici 2030 semble difficilement atteignable. Mais la Croix-Rouge poursuit sa lutte contre la faim en s’attaquant aux causes structurelles de ce fléau.

La journée mondiale contre la faim, une belle occasion d’aborder la question de la situation alimentaire mondiale. Selon le rapport 2021 du Réseau mondial contre les crises alimentaires, regroupant l’Union européenne, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et le Programme alimentaire mondial (PAM), l’année 2020 montre une intensification des crises alimentaires et une augmentation du nombre de personnes en situation de « crise » ou pire. À la fin de l’année 2020, ce sont 155 millions de personnes qui souffraient de déficit alimentaire sévère et étaient en situation de malnutrition aiguë. Un tel résultat n’était plus arrivé depuis cinq ans. Les populations d’Afrique restent de loin les plus touchées par la faim.

Les principaux facteurs d’insécurité alimentaire aiguë en 2020 restent les conflits armés et le contexte d’insécurité qui en découle. Les chocs économiques exacerbés par les conséquences de la Covid19 ont également été déterminants, ainsi que l’impact des changements climatiques qui continuent à fragiliser les populations les moins résilientes.

Comment combattre la faim ?

Face à ces réalités, il est important de repenser en profondeur le système alimentaire mondial. La plupart des agriculteur.ices du Nord et du Sud sont au service d’un système qui résout mal la faim et la malnutrition à travers le monde, précarise une partie des producteur.ices et contribue souvent à une perte de biodiversité.

Un système alimentaire durable est une question de droit à l’alimentation. En favorisant l’agriculture familiale durable et en soutenant le développement de circuits de distribution locaux, on favorise alors l’accès à l’alimentation des populations, notamment les plus vulnérables [1]. C’est un défi que la Croix-Rouge mène avec ses partenaires du Sud, afin de renforcer plus globalement la résilience des communautés. En effet, au-delà des aides humanitaires ponctuelles en cas d’urgence, la Croix-Rouge travaille étroitement avec les populations bénéficiaires afin d’apporter des solutions structurelles aux causes profondes des crises alimentaires. Il s’agit d’actions à long terme nécessitant de travailler sur les quatre dimensions de la sécurité alimentaire, à savoir la disponibilité, l’accessibilité, l’utilisation des aliments, ainsi que la stabilité de ces trois dimensions dans le temps, ceci pour améliorer les conditions de vie des populations les plus fragiles.

 

Illustration au travers l’un de nos projets au Burkina Faso

Dans le district de Gaoua, au Burkina Faso, la Croix-Rouge participe au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de 247 villages en proposant un projet d’amélioration de la prévention de la malnutrition chronique des communes de Nako, Gbombolra, Boussera et Malba.

Ce projet appuie simultanément les quatre dimensions de la sécurité alimentaire :

  • Grâce à la promotion des jardins potagers, à la dotation de semences et à un appui technique dans la production agricole locale, la disponibilité des vivres a été augmentée. Les ménages les plus vulnérables sont à présents aptes à produire une partie des aliments dont ils ont besoins.
  • Pour garantir l’accès à la nourriture, du petit bétail a été distribué à 600 ménages vulnérables ciblés pour commencer un petit élevage et générer ainsi des revenus. Ces ménages ont été accompagnés par les organisations à base communautaires (OBC) dans le choix de la race, les bonnes pratiques pour tenir les animaux en bonne santé et les techniques pour la production fourragère.
  • Afin de garantir l’utilisation saine et équilibrée des aliments, des groupes d’apprentissage de jeunes femmes (GASPA) ont été mis en place afin de les sensibiliser à l’importance d’apporter des repas riches en nutriments aux jeunes enfants ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes. Ces groupes ont aussi permis de proposer des démonstrations de recettes culinaires locales et nutritives.
  • Enfin, pour maintenir une stabilité dans le temps, tant au niveau de la disponibilité qu’au niveau de l’accès à la nourriture, il est nécessaire d’anticiper les facteurs qui pourraient altérer cette stabilité (sècheresses, inondations, catastrophes naturelles, etc.). Avec le soutien de la Croix-Rouge, 14 villages ont mené une évaluation de leurs vulnérabilités et de leurs capacités pour faire face à ces risques. Ils ont ensuite mis en place un plan d’action pour organiser des activités communautaires de mitigation des risques (reboisement, journée de salubrité, etc.). Une unité de production de farine enrichie et gérée par une association féminine a également été soutenue afin de rendre disponible des farines locales qui serviront aux enfants et aux femmes enceintes et allaitantes en période de soudure (période de rareté de la nourriture entre la fin des stocks de la production précédente et la récolte à venir). Des organisations à base communautaires (OBC) ont également été formées pour mener des plaidoyers et influencer les autorités locales/acteurs locaux afin qu’elles s’engagent et facilitent la bonne nutrition.

En augmentant les capacités de productivité agricole, en renforçant les systèmes durables de production de nourriture, et plus généralement, en travaillant de façon transversale sur les quatre piliers de la sécurité alimentaire, nous pourrons contribuer à réduire le problème de la faim au Burkina Faso.

Ce Projet d’amélioration de la prévention de la malnutrition chronique dans la province du Poni, région du Sud-Ouest au Burkina-Faso est mis en œuvre par la Croix-Rouge burkinabé, la Croix-Rouge de Belgique et la Croix-Rouge espagnole grâce au soutien de l’Union européenne. 

[1] Pour plus d’informations voir aussi : www.coalitioncontrelafaim.be