La Croix-Rouge face au défi de l’élimination des violences à l'égard des femmes
Chaque année, le 25 novembre marque la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, un rappel essentiel que cette lutte est loin d’être terminée. Au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous tenons compte de la dimension du genre et des violences de genre pour aider les femmes qui subissent ces violences à reprendre le contrôle de leur vie. C’est le cas au Burundi, où chaque jour, les équipes de la Croix-Rouge s’activent pour recueillir la parole de ces femmes, leur redonner confiance en elles et les soutenir tout au long de leur reconstruction.
La violence à l’égard des femmes et des filles demeure l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Selon les estimations, près d’une femme sur trois a subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part de son partenaire intime ou d’un autre agresseur au moins une fois dans sa vie. Cela représente 736 millions de femmes à l’échelle mondiale.
« Cette violence n’a pas sa place dans notre monde. Elle brise les corps, mais aussi les esprits, et par là-même, l’avenir des filles et des femmes. » Hadja Lahbib, Ministre des Affaires étrangères
Les violences sexuelles au Burundi, une réalité alarmante
Dans certaines régions au Burundi, les violences basées sur le genre sont particulièrement fréquentes, touchant notamment les femmes rapatriées au pays suite à des déplacements de population et fragilisant l’ensemble de la communauté. Pour y faire face, la Croix-Rouge du Burundi assure une prise en charge des survivantes, en offrant les premiers secours psychologiques, en orientant vers des structures spécialisées pour le suivi médical et psychosocial et en apportant un soutien financier. Elle collabore également avec des associations locales, comme l’Association des femmes juristes, pour renforcer l’accompagnement juridique des victimes.
« Le lendemain de l’agression sexuelle par mon mari durant la nuit, la Croix-Rouge m’a amené à l’hôpital et j’ai reçu de l’argent pour payer les soins médicaux. On m’a ensuite invitée à venir raconter ce qui m’était arrivé pour m’aider à guérir. Et même si la famille de mon mari m’a mis la pression pour vendre mes biens afin de le faire libérer, j’ai tenu bon avec l’aide de mes enfants. » Béatrice, victime de violence sexuelle.
Informer et sensibiliser pour changer les mentalités
Le travail de la Croix-Rouge du Burundi ne se limite cependant pas à la réponse à l’urgence, elle mène également des actions de sensibilisation et de prévention, afin d’informer et d’encourager la dénonciation de ces violences. Il est essentiel d’informer les communautés afin qu’elles comprennent ce que recouvrent ces violences et qu’elles puissent les reconnaître, les dénoncer et signaler les cas dont elles ont connaissance. Par ailleurs, ces actions ne doivent pas se limiter aux victimes ou aux familles, elles doivent toucher les travailleurs et travailleuses communautaires, ainsi que les autorités locales, qui jouent un rôle clé pour transformer les normes sociales et culturelles qui perpétuent ces abus. En agissant à tous les niveaux, l’objectif est de créer un environnement où la tolérance zéro devient la norme.
« Nous encourageons les femmes à rester fortes et entourées, malgré les pressions extérieures. Cette approche vise à redonner aux survivantes la capacité de se reconstruire et à dissuader les auteurs de récidiver. » Jean-Bosco Ndarurinze, Coordinateur local de la Croix-Rouge au Burundi

Les violences basées sur le genre, priorités de la coopération belge au développement
La lutte contre les violences sexuelles et les violences basées sur le genre sont un des quatre piliers de la stratégie de la Belgique en matière de genre et développement. L’accent est mis sur les partenariats, ancrant les initiatives belges au niveau des communautés et des familles dans les différents pays d’intervention. Utilisée massivement comme arme de guerre, mais aussi dans la vie quotidienne dans l’intimité des foyers, la violence à l’égard des femmes et des filles est un problème persistant, dans tous les pays, dans toutes les cultures. Mettre fin à cette violence est pourtant le strict minimum dans la lutte pour l’égalité des droits.
