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L'action internationale
23.03.2026 |

Burkina Faso : l’accès à l’eau potable au cœur de la réponse humanitaire face à la crise  

Le 22 mars Nations unies célébraient la Journée mondiale de l’eau, qualifiée pour l’occasion de « source pour l’égalité ». Au Burkina Faso, qui traverse une crise prolongée entre violences, déplacements massifs et effets du changement climatique, des millions de personnes se retrouvent dans une situation extrêmement précaire, notamment en raison du manque d’accès à cette ressource de première nécessité.

Une action coordonnée au cœur des besoins

Dans certaines régions du pays, les familles ont dû fuir plusieurs fois, manquent de nourriture, d’eau potable, d’un abri digne ou encore de documents d’identité pour accéder aux services essentiels. Face à cette réalité, un consortium humanitaire financé par l’Union européenne et le gouvernement belge réunit depuis plusieurs années la Croix-Rouge de Belgique, la Croix-Rouge luxembourgeoise, la Croix-Rouge espagnole et le Norwegian Refugee Council, en collaboration étroite avec la Croix-Rouge burkinabè. Ensemble, ils mettent en œuvre une intervention de grande ampleur dans les zones les plus affectées par la crise au Burkina Faso avec un objectif : répondre rapidement et efficacement aux besoins essentiels des personnes déplacées et des communautés hôtes.

Un programme multisectoriel face à une crise complexe

La réponse du consortium couvre donc plusieurs domaines : l’assistance alimentaire et nutritionnelle, les abris et objets de première nécessité (ustensiles de cuisine, couvertures, …), le soutien aux moyens de subsistance (élevage de volailles, maraîchage, petits commerces, …), la protection juridique, les mesures d’hygiène et donc, l’accès à l’eau. En effet, dans certaines localités, l’accès à l’eau peut nécessiter de longs déplacements, parfois dangereux. Les équipes humanitaires réhabilitent alors des points d’eau, distribuent de l’eau potable ainsi que des kits d’hygiène et sensibilisent les familles pour limiter les risques sanitaires, particulièrement en période de chaleur extrême.

Focus : l’intervention à Djibasso

En décembre 2025, la commune de Djibasso a accueilli une intervention majeure. Près de 1800 ménages déplacés ont reçu chacun un kit alimentaire complet. Pour améliorer durablement leurs conditions de vie, 110 kits d’abris et d’articles ménagers ont également été distribués, tandis que plus de 100 ménages ont été appuyés pour démarrer des activités génératrices de revenus comme l’aviculture ou le maraîchage. Cette intervention, financée par l’Union européenne, illustre également l’ambition du projet à plus long terme, à savoir répondre à l’urgence tout en préparant l’avenir, en soutenant les familles dans leur reconstruction.

« L’accès à l’eau au Sahel, c’est crucial, surtout lorsqu’il y a de déplacements massifs de population qui rendent insuffisante la quantité d’eau potable à disposition des populations. Dans ces contextes d’urgence, la Croix-Rouge du Burkina Faso, avec l’appui de ses partenaires, produit une réponse comme celle de Djibasso. Un dispositif de pompe à eau mobile y a été déployé afin de d’acheminer de l’eau dans les différents quartiers occupés par les personnes déplacées, mais également par les communautés hôtes impactées par la pénurie. » Brahima Tiambal Cissé, Représentant Pays pour la Croix-Rouge de Belgique au Burkina Faso

Un ancrage dans les communautés et les réalités locales

La Croix-Rouge burkinabè joue un rôle central dans ces opérations. Ses volontaires, qui proviennent des communautés locales, sont les premiers relais de confiance. Ils informent, accompagnent et veillent à ce que les interventions respectent les principes fondamentaux du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, notamment la neutralité et l’impartialité, tout en veillant à associer systématiquement les autorités locales à chaque étape. Ces dernières sont informées des objectifs, participent aux distributions et contribuent à créer un cadre propice à l’accueil des familles. Avant chaque intervention, une étude de marché est également réalisée pour s’assurer que les achats humanitaires ne perturbent pas l’économie locale et les biens distribués proviennent autant que possible de fournisseurs burkinabè, permettant de soutenir le tissu économique tout en répondant à l’urgence.

Une réponse humanitaire qui s’adapte à l’évolution du contexte

Au Burkina Faso, Les contraintes sont nombreuses pour déployer l’aide humanitaire : insécurité dans certaines zones, difficultés d’accès, retards logistiques, dépendance aux convois sécurisés ou au transport aérien, … Pour améliorer la rapidité des interventions, un plan d’action a été élaboré en 2025 avec l’ensemble des acteurs. Il prévoit l’adaptation des procédures internes et un suivi renforcé afin de réduire les délais et de rendre la réponse plus efficace dès 2026. Ces adaptations permettront d’atteindre l’objectif de toucher 200 000 personnes sur une période de 2 ans grâce à une réponse coordonnée et locale, en combinant une approche basée sur l’urgence humanitaire, la protection des droits et la reconstruction des moyens de subsistance pour offrir aux communautés affectées des perspectives de stabilité et de résilience.

Ce programme financé par la Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne, et co-financé par la Direction générale Coopération au développement et Aide humanitaire du Royaume de Belgique, se poursuit jusqu’en mars 2027 pour renforcer la dignité et la résilience des familles touchées par la crise.

Crédits photos : Croix-Rouge Burkinabè